La locution anglaise « slow » est utilisée pour se rattacher à un état d’esprit commun aux différentes mouvances de slow que l’on croise dans plusieurs domaines. C’est dans les années 90, en Italie, que le terme apparaît avec le concept de Slow food. Depuis, ce concept s’est largement décliné : ainsi nous avons vu apparaître la slow money, le slow tourisme, la slow esthétique, le slow ski, la slow média… Le concept de la slow education a aussi fait l’objet de publications ; elles concernent davantage l’école que l’accompagnement de la petite enfance.
Slow ne doit pas s’entendre comme lenteur ou absence de dynamisme. Cette locution veut évoquer la qualité (ici, de la pédagogie) au détriment de la quantité.
Il ne s’agit pas ni d’une nouvelle recette, ni d’une méthode éducative innovante. Plutôt d’une approche qui se recentre sur des évidences que l’on connaît déjà : le plaisir du jeu simple et du jeu en extérieur, la fierté de l’apprentissage et de l’accès à l’autonomie, ou encore le bonheur des instants partagés et co-construits.
La Slow pédagogie considère positivement l’activité spontanée du tout petit et aborde l’accompagnement du jeune enfant de sorte à rendre son développement conscient et autonome.
C’est une approche qui se réjouit du processus de découverte et du temps vécu même si l’on ne sait pas exactement vers où il nous conduit.
La Slow pédagogie s’adopte. Adoptée, elle fait vivre la période de la petite enfance le plus favorablement possible, tant du côté de l’enfant que des adultes qui l’accompagne.
Le « Slow » dans Slow pédagogie veut signifier un accompagnement de la petite enfance ajusté aux besoins de l’enfant et à sa capacité de recevoir, de comprendre et d’intégrer.
Qu’on ne s’y trompe pas, la Slow pédagogie n’est pas fade, babacool, encore moins planplan ! Elle est chargée de dynamisme, de pétillance et d’entrain. Elle peut être vive et tonique.
Course à 4 pattes, bataille de boules de neige, lecture au coin du feu, construction en Kapla, roulades sur le lit (etc), tout peut se vivre dans la slow pédagogie. Il s’agit simplement d’un dosage juste pour l’enfant et l’adulte qui l’accompagne.
Un rythme qui laisse le temps de découvrir par étapes, de répéter les actions, de prendre conscience des détails, de vivre pleinement les émotions procurées par les moments vécus.
Nous employons ici avec préférence le terme “adopter” plutôtqu’ “appliquer” car il s’agit d’un état d’esprit qui s’adopte et non d’une méthode qui s’applique.
Un état d’esprit slow pédagogie émerge en agissant sur 4 axes.
Que fait l’enfant dehors ? Spontanément, il explore. Avec tous ces sens et à l’aide de toutes ses compétences motrices du moment, il investigue l’espace extérieur. Fort de sa curiosité, il s’arrête sur chaque détail de la nature qui s’offre à lui…
Le marché du jouet a cette caractéristique d’être particulièrement séduisant. Les couleurs et les textures appellent le regard et le toucher, elles sont évocatrices de joie et de douceur ; les formes et les fonctionnalités (apparaissant comme inédites et ingénieuses) rendent irrésistible le test de manipulation. Les jouets et le matériel éducatif ont donc beaucoup de choses en leur faveur pour engendrer l’acte d’achat.
La slow pédagogie place le partage et la compréhension de son environnement du monde au centre de son approche. Les activités de coopération sont des opportunités idéales pour porter ces objectifs au quotidien.
Le jeune enfant est animé par le désir de découvrir et comprendre son environnement. Avec ses 5 sens, il veut, littéralement, voir, sentir, goûter toucher, écouter ce monde qui l’entoure. Grâce à eux, il capte une richesse d’informations inégalable qui lui confère une multitude de connaissances.